montgolfière

Le Jour où j’étais trempée comme jamais.

DSC_6732 copieCela fait des années que son nom mythique résonne dans ma tête. Je ne suis pas sûre de savoir à quoi le lieu ressemble exactement, mais je reconnais chaque fois l’effet que provoque en moi ce mot « exotique » dès qu’il est prononcé en ma présence. Quelle aura! Je ressens depuis toujours l’envie pressente de savoir de quoi il en retourne, et de pouvoir visiter l’endroit un beau jour. Je l’imagine comparable aux Sept Merveilles du Monde de jadis, une sorte de tour de Babel qui aurait survécue aux dommages du temps. Un palais somptueux des Mille et Une Nuits où je devine des sultans opulents se prélassant, entourés des plus belles femmes du monde emprisonnées dans leurs harems. Je me représente des intérieurs fait d’ors et d’autres rares richesses, où chaque détail n’est que beauté et sophistication. Bref, j’envisage un palais au plus proche des contes de fées que je lisais petite, chatoyant, lustré et rutilant. 37 ans plus tard, je réalise enfin un rêve d’enfant: visiter l’Alhambra (« la rouge »)… Granada, España, me voilà!

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Les vues sont spectaculaires, les perspectives parfaites (…)

Dans mes mirages de jeune fille, le palais est également exposé à un soleil quasi constant. L’astre y réchauffe les âmes de ses habitants, presque toujours vautrés dans l’ombre de niches comme pour mieux échapper à la chaleur écrasante. Quel drame intérieur lorsque j’arrive donc dans la ville d’Andalousie sous la pluie! De plus, il fait assez frais en cette fin de mois de novembre et mes rêveries de « bronzette-sous-couvert-de-découverte-culturelle » s’envolent (trop) rapidement… Re-désarroi. Mais qu’à cela ne tienne, je ne vais quand même pas rater l’opportunité de visiter la célèbre résidence mauresque malgré l’humidité! Un taxi bienveillant nous dépose donc bientôt devant l’impressionnante muraille de la forteresse, et la visite du fameux Palais Nasrides peut commencer. Les couleurs de l’automne dans les arbres alentours rendent l’endroit magique. Les vues sur la ville sont spectaculaires, les perspectives des édifices parfaites, et le toit sur ma tête, salvateur!

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Je passe ma main sur les reliefs pour mieux sentir le satiné de la matière (…)

Depuis l’extérieur, rien de plus sobre. Mais dedans, on ne peut évidemment qu’apprécier le sens du détail des bâtisseurs. Je m’extasie devant la décoration: les murs en stuc et les arabesques foisonnent de calligraphie et de motifs floraux stylisés. Je passe ma main sur les reliefs pour mieux sentir le satiné de la matière mais je me fais vite rappeler à l’ordre: interdiction de toucher bien sûr… La promenade se poursuit pour le moment à l’abri des galleries entourant les nombreuses cours parées de bassins, d’azulejos* et de colonnes sculptées. Je traverse, emballée et subjuguée, les diverses salles qui nous promènent à travers les siècles. Nous passons d’abord la période du royaume Nasride de Grenade avant de parvenir aux appartements de Washington Irving. Quelle belle idée cette cheminée autour de laquelle l’auteur pouvait, lui, se réchauffer! Nous témoignons ensuite de la présence de la noblesse musulmane puis du séjour de Charles Quint. Je regrette pourtant le manque cruel d’explications sur place : ici pas de panneaux, pas de gravures, et si l’on veut mieux comprendre le passé des lieux, un guide semble indispensable… Il n’y a plus qu’à imaginer sa propre histoire, ou bien sortir son smartphone si l’on veut bien profiter de la 4G pour y glaner quelques informations.

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(…) c’est l’abondance de l’eau dans la Sierra Nevada qui avait su séduire ces princes venus du désert…

La visite se complique lorsque nous atteignons enfin les jardins. Sans parapluie, nous procédons par étape mais le chemin de ronde est complètement exposé. Impossible d’apprécier les odeurs des fleurs ou de se prélasser sous les orangers. Pour rejoindre le palais d’été – le Generalife* – de l’autre côté de la colline de Sabika, il faut compter 10 minutes. Sous une pluie battante. Mais après tout, c’est l’abondance de l’eau des montagnes de la Sierra Nevada qui avait su séduire ces princes venus du désert… La vue sur Grenade est à présent bouchée par les nuages bas et le sol est couvert de flaques dans lesquelles l’eau tombe à grosse gouttes. Plus la peine de compter sur mon gros manteau d’hiver dont la doublure est trempée. Mes gants de cuir rouge ont déteint sur ma peau et j’ai l’impression d’avoir plongé mes mains dans du mercurochrome! Je suis découragée et je crains que l’humidité importante n’atteigne mon appareil photo. Difficile d’admirer plus longtemps ce qui m’entoure…

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(…) l’Albaicín*, magnifique noyau primitif de la ville, nous permet d’admirer, au sec, la beauté de ce joyau de l’architecture islamique enfin sorti de la brume.

Nous décidons alors d’écourter notre présence sur place, trop perturbés par les éléments et incapables de profiter plus longtemps de l’endroit après plus de deux heures d’excursion. A peine sortis de l’enceinte, le déluge cesse… Trop tard. Nous sommes transis de froid et rejoignons notre hôtel au pas de course. C’est donc depuis notre quartier que finira notre partie de cache-cache avec l’Alhambra: l’Albaicín*, magnifique noyau primitif de la ville, nous permet d’admirer, au sec, la beauté de ce joyau de l’architecture islamique enfin sorti de la brume. Nous nous promenons le soir venu dans les ruelles pavées désertes et profitons d’une longue accalmie au Mirador de San Nicolas d’où la vue est imprenable. Il faudra, c’est certain, revenir un jour d’été dans ces contrées pour saisir toute la mesure de l’histoire des lieux.

***

Azulejos* = carreaux de faïence décorés.

Generalife* = dérivé de l’arabe « Jannat al-Arif  » signifiant « paradis » ou « jardins de l’architecte ».

Albaicín* = de l’arabe dialectal « al-ba’isîn »: les misérables. Ce quartier était à l’époque des Nasrides un faubourg peuplé très majoritairement par des musulmans pauvres qui fuyaient la reconquête espagnole, d’où sa dénomination.

INFOS PRATIQUES

Les billets pour l’Alhambra peuvent s’acheter à l’avance (14€ par personne) et il est d’ailleurs sage de le faire si vous avez prévu votre visite le weekend ou en haute-saison:

https://tickets.alhambra-patronato.es/entradas-alhambra-general/

Attention: vous devrez choisir un horaire d’arrivée qu’il vous faudra absolument respecter. Les vigiles des lieux sont réputés pour recaler le touriste (trop) en retard! Dans ce cas, il sera possible de racheter une entrée sur place, si elles n’ont pas déjà toutes été vendues…

Si comme nous vous êtes malchanceux avec la météo, pensez à l’option d’une visite sur plusieurs jours 🙂

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OU DORMIR

Le choix doit sans hésitation se poser sur le quartier de l’Albaicín, en contre-bas de l’Alhambra, qui offre les vues les plus spectaculaires sur l’édifice et le reste de la ville de Grenade. De plus, vous prendrez plaisir à visiter l’endroit authentique, totalement piéton et d’une grande quiétude. Attention, il y a de nombreuses marches à monter et descendre dans toute la zone.

Nous avions opté pour la Casa Bombo où nous avons apprécié la beauté des lieux et les commodités, même si notre réservation n’a pas été totalement respectée (ce pourquoi je n’indiquerai pas leur lien sur cette page). 

Il y a de nombreuses autres options disponibles à proximité pour un rapport qualité-prix probablement supérieur…

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